Le jour de mon départ en vacances, le 12 février dernier, j’étais pas mal stressée. Je déambulais le regard vide dans cet aéroport glacé, et j’imaginais mille scénarios sur ma scène de retrouvailles antillaises.
Comme livre de bord et de vacances, j’avais embarqué World War Z de Max Brooks, parce qu’il faut toujours que je lise le livre dont s’adaptent les films. Mais par hasard, sur le stand extérieur de la papeterie, un livre attirait mon regard. Un livre dont je n’avais pas entendu parlé jusqu’à ce jour, et qu’il ne me serait pas venu à l’idée de vérifier s’il existait: 3096 Jours de Natascha Kampusch
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Pour ceux qui se souviennent du destin poignant de la jeune Natascha Kampusch, se doutent déjà au stade de l’article de quoi le livre va traiter. Les autres ne seront que surpris et attrapés aux tripes par le récit autobiographique de son auteure.
Je ne sais pas ce qu’il en est de sa présence au coeur des médias canadiens, mais en France, l’histoire de Natascha Kampusch aura monopolisé quelques éditions du journal télévisé fin 90, début 2000.
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En 1998 près de Vienne, alors qu’elle se trouve seule pour la première fois sur le chemin de l’école un matin de mars, elle est enlevée par un homme inconnu de 35 ans, que l’on identifiera plus tard sous le nom de Wolfgang Priklopil. Elle sera détenue dans un cachot de seulement cinq mètres carrés sous terre durant plus de huit ans, soit de 10 ans à 18 ans.
Si je me souviens vaguement des sujets médiatiques consacrés à sa disparition, je garde intact le souvenir de sa libération. Enfin disons plutôt, celui du jour où elle venait au Journal de 20h sur TF1.
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J’avais cette sensation de peur et de fascination quand je la regardais parler. Elle dégageait un tel calme, une paix indicible, un regard noir infranchissable; comme si rien ne pouvait plus la détruire. Elle parlait de son ravisseur comme d’un membre de sa famille. Elle évoquait des souvenirs de vie commune en des lieux de séquestration que nous imaginions pourtant froids, cruels et violents. Elle confiait avec pudeur sa peine ressentie le jour du suicide de cet homme.
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Sans la connaître, je vivais à l’intérieur une immense sensation de respect envers cette fille d’à peine trois ans plus jeune que moi, et me demandais comment allait-elle construire son futur sur des bases pareilles. Je n’ai pas eu beaucoup l’occasion d’en discuter avec mes proches, car si fou que cela puisse me paraître encore aujourd’hui, davantage après cette lecture, je ne trouvais guère de similitude entre mes pensées et celles des autres. Finalement, après ce passage télévisé, et les innombrables accoutrements psychologiques des médias et du public, je me rendais vite compte que personne ne croyait vraiment en son histoire, et que Natascha Kampusch suscitait de la haine, du dégoût et une forte intrigue malsaine.
“Tu l’as vu hier soir à la télé ? Elle est bizarre cette gamine, elle pleure son ravisseur, non mais quelle idée ! Elle doit pas être
Source: Slogan1969  

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