«Beautiful ! Sortez les hanches ! Plus encore ! Oui ! Les fesses ! Sortez les fesses !»

Voilà ce que dicte la voix puissante du narrateur aux trois pauvres danseuses sur scène. Trois magnifiques jeunes femmes qui, par l’usage de la danse contemporaine, transportent le malaise d’une génération poussée à toujours être «plus». Plus sensuelle, plus sexy, plus parfaite.

Photo : Erika Mathieu

Photo : Erika Mathieu

Je parle ici de Bella Bestia, une œuvre des chorégraphes Elizabeth Suich et Simon Gélinas-Beauregard présentée pour la première fois ce soir dans le cadre du Festival Fringe de Montréal. Une oeuvre qui nous fait ressentir toute la pression infligée sur les femmes d’aujourd’hui. Une pression venant d’une part de l’extérieur, de la société, mais aussi de l’intérieur, car cette pression, nous nous l’infligeons aussi nous-mêmes.

Ne soyez pas surpris en allant voir cette pièce : Elle est très courte. Elle est pourtant chargée d’émotions et d’une beauté sans nom, car portée par trois incroyables interprètes qui se donnent corps et âme sur scène : Marika Dumoulin-Lafond, Margaux Chênevert-Beaupré et Maya Milet. Des corps qui s’entremêlent, des corps qu’on pousse à la perfection. Mais qui peut affirmer n’avoir jamais subi cette pression, ce besoin d’être parfaite ? Elizabeth Suich a pu l’expérimenter. Elle me racontait être issue du milieu de la danse latine, milieu où le paraître et la beauté sont toujours mis de l’avant, tout au contraire de la danse contemporaine.  Il s’agit de la cinquième oeuvre de la chorégraphe. Cette oeuvre, elle et Simon veulent la peaufiner et l’allonger. Ils comptent bien extrapoler sur ce thème riche en potentiel.

Photo : Erika Mathieu

Photo : Erika Mathieu

Dans Bella Bestia, on assiste aussi au déchirement que ce besoin de plaire crée entre les femmes, cette compétition malsaine qui s’instaure. Au final, c’est une entraide, une fraternité qui naît entre ces femmes. Et pourtant, c’est elles-mêmes qui se mettent les chaînes au cou, preuve que l’on a beau critiquer les modèles qu’on nous impose, le choix de s’y soumettre ne relève que de nous.

Bref, je vous invite à aller voir de vos propres yeux cette œuvre contemporaine, car on aura beau mettre des mots sur la danse, c’est plutôt futile. Et devinez le meilleur ? Vous avez amplement le temps de découvrir Bella Bestia. Vous pourrez y assister demain, soit dimanche le 16 juin ainsi que mercredi 19 juin, vendredi 21 juin, samedi 22 juin et dimanche 23 juin au Studio Multimédia du Conservatoire d’Art Dramatique et de Musique.

Sur ce, je vais pratiquer ma danse contemporaine. NOT. Je laisse ça aux vrais.

Ciaoooo

@ErikaMath

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Boss Erika Mathieu est la professionnelle des arts médiatiques et de l’humour sous n’importe quelle forme ! Étudiante en Télévision avec un background en théâtre, elle écrit, réalise, anime à la radio, mais surtout… donne son opinion sur tout! Fine critique, elle est toujours là où il faut être! Elle se spécialise en humour, cinéma, télévision, littérature, festivals, théâtre, art visuel.

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